la vie avec un grand V

l'histoire d'un type à mi-chemin du bac et de la retraite, amoureux du soleil, des femmes et du raisin, détestant comme tout le monde le RER et le dimanche.
connaissez-vous roger gicquel ?
22 Février 2006 à 17h20
est-ce la mobilisation contre le contrat nouvelle embauche ? je me sens un peu plus révolutionnaire en ce moment. attention, je ne suis pas prêt à mettre le feu partout. non. j'aimerais juste voir enfin les gens faire la grève de la télé par exemple — pendant un mois la france entière refuserait d'allumer le poste, on verrait ardisson et fogiel pointer à l'anpe et cauet toucher le rmi, on peut rêver —, j'aimerais voir les vendeuses siliconnées des champs-élysées décidées à reprendre des études, j'aimerais que ce soit tous les jours la st-valentin ou la fête des voisins, avec (...)
libre... de consommer... en attendant de crever d'une maladie cardio-vasculaire
16 Février 2006 à 17h05
en même temps je suis assez heureux d'être vivant dans un monde libre. dans la rue on a quand même le droit de regarder les filles sans être assassiné dans la seconde qui suit par le père ou le grand frère. on peut toujours trouver un endroit pour manger une pizza à 3 h du matin (à paris du moins) et il y a toujours un chef-d'oeuvre disponible sur les rayons des libraires. ce qui est plus difficile aujourd'hui, me semble-t-il, c'est d'éduquer ses enfants dans un effort permanent vers le savoir, c'est de leur donner le goût de la curiosité, l'envie d'en savoir toujours plus sur tout. on (...)
mauvais timing
9 Février 2006 à 15h54
tout à l'heure, j'écrivais un petit mot à justine (vous connaissez justine ? elle a 17 ans, elle est adorable et fait plein de petites bêtises, elle tient un blog sur ce site mais en privé...), donc, bref, je lui disais que je m'étais trompé d'époque. je crois bien que oui, en effet, je ne suis pas né au bon moment. j'ai longtemps cru que l'on vivait dans le monde qu'on mérite (sous-entendu : si l'on n'est pas content, on n'a qu'à faire la révolution). mais je ne vois plus trop en quoi j'ai mérité un monde pareil. le loft, la star ac, la ferme, cauet créent chez moi un malaise (...)
il se passe toujours quelque chose dans le train
27 Janvier 2006 à 17h38
une fois, un jour, il y a longtemps, une femme dans le train. je la remarque, je la regarde, un peu, nos yeux se croisent, s'interrogent. je la retrouve un peu plus tard au wagon-bar, elle semble devant moi (dans un coin du wagon je regarde le paysage qui défile) n'en plus finir de contempler la carte des menus où il n'y a pourtant guère que du café ou des salades industrielles à des tarifs astronomiques. en repassant devant moi pour retourner à sa place je m'interroge un instant quant à savoir si je dois l'aborder. mais pour lui dire quoi ? de toute façon, elle n'a pas ouvert un (...)
le monde se divise en deux catégories
24 Janvier 2006 à 13h10
ce qui est extraordinaire dans la vie, c'est de s'improviser sociologue et de tout rationaliser, de tout catégoriser. le monde partout, tout le temps, se divise en plusieurs camps, plusieurs clans. ça devient presque un jeu de les repérer. par exemple, dans le train, dans le tgv. il y a ceux qui se mettent n'importe où et ceux qui veulent être assis à leur place, comme indiquée sur leur billet avec réservation. évidemment les "qui veulent être à leur place" sont souvent en guerre avec les "qui se mettent n'importe où". les dialogues sont alors savoureux. les "qui veulent être à leur place" (...)
en fait
18 Janvier 2006 à 13h20
parfois encore je me demande pourquoi je m'intéresse à la politique, à la littérature, à la cuisine, à la sociologie, à la campagne, au ping-pong, aux voyages... parce qu'en fait, ce que j'aime dans la vie, ce sont les femmes. malheureusement on ne peut pas s'attacher la douceur, la complicité, l'affection des femmes en leur disant simplement combien elles sont magnifiques. ainsi les hommes sont-ils obligés de lire les journaux et s'intéresser aux affaires du monde. c'est bien triste, tout ce temps perdu à se demander si les iraniens un jour posséderont la bombe atomique ou non. parce (...)
99 francs
17 Janvier 2006 à 15h46
je n'ai pas fait les soldes jusqu'ici, trop de monde partout, trop de femmes dans tous les sens, trop de gens hystériques, trop de tout. quand je pense à toutes ces filles qui mettent toutes leurs économies dans les fringues, parfois, ça me rend perplexe. je me demande à quoi bon. les plus jolies seront toujours plus jolies toutes nues qu'habillées. pour les autres, quoi qu'il arrive, c'est râpé. les fringues ne feront jamais illusion. une fois pourtant, alors que j'accompagnais ma tendre amie dans une boutique, une jeune femme dans une cabine essayait un t-shirt sans rien en dessous et (...)
Elle
12 Janvier 2006 à 17h33
jusqu'ici j'en ai peu parlé mais il y a une femme dans ma vie. une femme très belle, trop belle pour moi, évidemment, une femme, ou plutôt un poème, car elle est dans ma vie comme une phrase qui court de vers en vers, de ligne en ligne, elle inonde ma journée de ses trouvailles, de ses sourires. sa conversation est comme un léger nuage qui moutonne dans un ciel bleu azur, qui bruine à peine, un peu, mais donne naissance à de grands fleuves qui font vivre des millions de personnes. elle est assez fantastique, en fait. (je résume.) parfois, par contre, elle se fâche. et alors là j'ai (...)
au monoï
29 Décembre 2005 à 16h10
hier encore, le froid régnait sur la ville. dans l'étrange grenier qui me sert d'abri ces temps-ci une température criminelle m'obligeait pour ainsi dire à rester au lit. après avoir réussi à faire sauter la couette comme un couvercle et m'extraire en crabe vers la douche, j'ai dû laisser couler une eau brûlante pendant quinze à vingt minutes pour me souvenir de l'été dernier et des filles seins nus sur la plage. tout seul pour l'heure avec mon tahiti douche. au monoï, bien sûr. à paris maintenant tout est vide ou ralenti. les gens font leur compte et boivent de la soupe. les plus (...)
allez savoir
28 Décembre 2005 à 13h13
la nuit dernière a encore été difficile à trouver. je me suis souvenu d'un coup du fait que, quand on est très amoureux, on n'a jamais de problèmes de sommeil parce qu'on fait l'amour au lit et qu'on s'endort de suite après. même courtes, les nuits sont alors très réparatrices. et mon père qui n'a presque jamais connu de nuits sans femme est en pleine forme alors qu'il approche les 80 ans. comme quoi les fatigués qui restent en couple sans trop savoir pourquoi sont peut-être tout bonnement des hygiénistes. allez savoir. (...)
à poil
23 Décembre 2005 à 13h53
noël, j'adore. c'est un peu comme si la vie se suspendait. comme si le monde faisait une grande pause. d'abord on n'a plus peur de dépenser de l'argent. à noël la carte bleue s'affolle, elle brûle, elle crame, il faut acheter les cadeaux, la dinde, le sauternes. on est tous un peu PDG à noël. un peu grand seigneur. flambeur, quoi. et puis dans l'air flotte comme un parfum de très légère euphorie. je le vois bien. je le sens. les femmes ont l'air plus légères, plus douces, un peu au-delà du monde, elles sourient davantage, c'est indéniable, c'est scientifique. il suffirait presque de se (...)
j'ai failli être ministre
22 Décembre 2005 à 14h21
cette nuit encore j'ai quelque peu repoussé les limites de la sagesse. j'ai eu une longue très longue conversation au téléphone avec la femme qui peuple ma vie et je me suis couché trop tard et endormi trop vite. or chose étrange j'ai rêvé que j'étais employé par une entreprise de rêve (une très célèbre maison d'édition) et que je travaillais directement avec le fondateur, lequel est quand même mort depuis trente ans. donc je discutais avec lui et lui semblait, chose incroyable, non seulement me connaître mais encore m'apprécier. c'est le réveil qui a été difficile. tardif encore plus. (...)
éloge de la caissière
21 Décembre 2005 à 14h27
souvent, quand je suis à paris, que je vais travailler dans ce quartier encore un peu neuf ou désert de la rive gauche, je passe au franprix prendre une bouteille d'eau. or il y a là depuis peu une caissière à nulle autre pareille. elle semble venir d'espagne, ou de croatie. elle est grecque peut-être, ou tchèque. peu importe. elle serait presque incolore, n'était sa conversation. il semble en effet que son job de caissière ne soit pour elle que le moyen de parler avec tous, de vivre en une sorte de conversation permanente et ininterrompue avec chacun. or de quoi parle-t-elle si ce n'est (...)
je déteste les cafés
3 Décembre 2005 à 16h11
parmi les motifs d'affliction sur cette planète il y a le café. je veux dire le petit bar sympa où l'on s'imagine frayer avec le monde, approcher des centaines ou des milliers d'autres gens qui vivent comme nous et qui pourraient presque être nos amis (si seulement on les connaissait). quand j'étais étudiant, au quartier latin, je me souviens, on passait des heures au café, entre amis, à refaire le monde, discuter le bout de gras, dépecer les cours et passer au crible du rire et de la discussion enflammée tout ce qui nous agitait. tout ce qui nous passait par la tête. (je ne suis ce que (...)
un monde sans raclette
2 Décembre 2005 à 12h23
après quasiment un mois d'interruption, je reprends ce journal. avec une plume sans doute un peu tordue encore. un peu moins alerte. il va falloir attendre un peu pour que mes écrits ne se rapprochent des oeuvres complètes de coluche. au demeurant l'on rentre dans l'hiver et avec le soleil qui se couche tôt les femmes s'habillent plus et les psychiatres ont davantage de travail pour soigner ceux qui ne vivent bien qu'au printemps. heureusement cela dit qu'il y a l'hiver sans quoi au lieu d'être quatre à cinq milliards sur cette planète nous serions quinze ou vingt billiards d'êtres (...)
un week-end avec louis de funès
24 Octobre 2005 à 15h29
donc, ce week-end, j'étais invité à une rencontre avec un écrivain entouré de toute une faune sympathique et attentive. l'auteur, un peu sulfureux, ou critique, évoque d'abord sa dernière oeuvre, en lit un extrait, puis se met à répondre tranquillement aux questions de l'audience. or bientôt voilà qu'un microbe installé tout près des premiers rangs se met à commenter, à débattre, à argumenter avec l'auteur-vedette, à le reprendre presque à chaque fois, à le corriger, à le contredire. quand je dis un microbe, je suis encore trop bien élevé. l'affreux ressemblait à louis de funès attaqué (...)
sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière...
21 Octobre 2005 à 12h32
ce matin, en remontant la rue mouffetard, je me suis senti léger comme une nuisette sur la peau d'une jeune mariée. à paris, quand on a du temps, de la liberté, on est tous un peu touriste. je ressemblais donc à un imbécile heureux en route pour une destination de rêve. je souriais vaguement comme un âne aux gens qui passaient, je regardais les petits commerces le long de la rue comme si j'étais au musée, il faisait moche mais il faisait beau. dieu, je lui pardonne volontiers de ne pas exister, parce que c'est vraiment un chic type. (...)
elle n'est pas très belle mais je l'aime
20 Octobre 2005 à 12h34
ce soir encore j'arriverai sur paris. paris magique, paris folie, paris canaille, paris délice. quand je débarque à paris c'est chaque fois comme si je sortais d'un long tunnel qui sent le moisi, ou le roquefort oublié dans le frigo, comme si je quittais enfin une femme vindicative et acariâtre qui met du sel dans mon café. tout est possible à paris, les femmes sont partout, devant, derrière, â côté, chacun est libre et anonyme, personne ne vous connaît plus ; votre voisine, votre concierge, vos collègues ne vous envoient plus d'oeillades complices et grossières le dimanche matin quand (...)
comme quoi tout est dans tout (et réciproquement)
19 Octobre 2005 à 17h13
incroyable, à midi, je me suis lamentablement versé le café sur le pantalon, résultat : je suis parfumé au café depuis plusieurs heures maintenant. et je ne parle pas du fait que je suis resté collé à ma chaise dans mon coin en me faisant tout petit pour ne pas me faire repérer. je ne peux pas trop parler de mon activité mais disons que si jamais tous les gens qui m'entourent notaient mon nouveau parfum "petit déjeuner" je serais "assez mal" comme disent les jeunes. ça me rappelle il y a quelques années : j'avais un RDV professionnel avec un crétin en début d'après-midi et je (...)
les allemands, qui boivent de la bière, ont des gros ventres
18 Octobre 2005 à 16h14
dans la ville où je travaille en partie il y a plein de marginaux. il paraît que c'est comme ça, les marginaux, comme les vieilles, comme les russes, préfèrent le sud et le soleil. ce qui m'étonne, c'est leur extrême conformisme. il n'y a pas plus conformistes que les non-conformistes en fait. tous les marginaux sont victimes de la mode des tatouages, des chiens de berger et des canettes de bière (vous avez déjà vu un marginal habillé d'une autre couleur que le vert bouteille, avec un chat en bandoulière et un verre de vin à la main ? moi jamais). je me demandais hier en en croisant (...)